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Cas pratique

« Mon sous-chef me brûle les bras avec une spatule parce que je ne vais pas assez vite »

Violences physiques en plein service : une situation, trois réponses.

Une situation vécue en cuisine, et les réponses du mouvement : est-ce normal, comment réagir, que dit la loi.

Est-ce que cette situation est normale ?

Non, cette situation n'est absolument pas normale ni acceptable. Le fait que votre sous-chef vous brûle les bras avec une spatule constitue des violences physiques, une forme grave de harcèlement et d'agression au travail. Le harcèlement est défini comme des violences répétées qui portent atteinte à la dignité et peuvent entraîner une destruction progressive de la victime.

De plus, le harcèlement psychologique peut inclure des agissements hostiles répétés ou même une seule conduite grave qui porte atteinte à la dignité ou à l'intégrité psychologique ou physique et entraîne un milieu de travail néfaste.

Comment réagir face à cette situation ?

Il est essentiel de ne pas rester isolé·e et de communiquer la situation. Dès le début, il est conseillé d'établir un récit précis des faits et de leur historique en tenant un carnet de bord pour constituer un dossier et des preuves.

Lorsque vous le pouvez, exprimez clairement à l'auteur des agissements que vous ne tolérez pas son comportement. Cherchez également des allié·es parmi vos collègues et demandez des comptes à vos supérieurs.

Que dit la loi à propos du bizutage en restauration ?

Bien que le terme spécifique de « bizutage » soit légalement circonscrit aux cadres scolaire, sportif ou socio-éducatif, et qu'il se distingue des violences ou atteintes sexuelles, l'acte de vous brûler les bras avec une spatule constitue une violence physique et relève du harcèlement. Ces agissements sont strictement interdits et lourdement sanctionnés par la loi dans tout milieu professionnel, y compris en restauration.

Le harcèlement moral est caractérisé par des agissements répétés qui ont pour objet ou effet une dégradation des conditions de travail, portant atteinte à la dignité, altérant la santé physique ou mentale, ou compromettant l'avenir professionnel. Un seul acte grave peut suffire à caractériser le harcèlement psychologique s'il porte atteinte et produit un effet nocif continu. Le harcèlement peut être commis par l'employeur, un supérieur hiérarchique ou un collègue. Le Code du travail prévoit que tout employeur doit prendre toutes les dispositions nécessaires pour prévenir ces faits, y mettre un terme et les sanctionner. Le harcèlement, qu'il soit moral ou sexuel, est un délit pénal et les auteurs sont passibles de sanctions disciplinaires. L'agression sexuelle, qui est un type de violence physique à connotation sexuelle, est sévèrement réprimée par la loi pénale. Les violences physiques comme celles décrites sont également des infractions pénales.

Organismes internes à l'entreprise

L'employeur : il a l'obligation de prendre toutes les dispositions nécessaires pour prévenir, faire cesser et sanctionner le harcèlement — informez-le par écrit si nécessaire.

Le service des ressources humaines.

Les référents « lutte contre le harcèlement sexuel et les agissements sexistes », obligatoires dans les entreprises d'au moins 250 salariés.

  • violences physiques
  • bizutage
  • cuisine
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Pourquoi déposer plainte ?

Déposer plainte, c'est poser un acte qui vous protège : faire reconnaître les violences, accéder à une aide adaptée et laisser une trace officielle qui pourra vous servir plus tard, même sans démarche immédiate.

C'est aussi une façon d'empêcher que l'auteur recommence et de protéger d'autres personnes.

Et surtout, vous pouvez être accompagné·e : votre parole a du poids, et vous avez droit à être entendu·e et protégé·e.

Je souhaite être accompagné·e